Sud-Kivu : les Wazalendo bousculent l’AFC-M23-RDF à Kalehe, Chambombo et Kazinga repris

Des affrontements d’une rare intensité ont secoué le territoire de Kalehe, mardi 11 août. Les forces locales Wazalendo ont arraché le contrôle de deux localités stratégiques, tandis que la situation humanitaire se dégrade rapidement.

Le calme reste fragile dans l’est de la République démocratique du Congo. Mardi 11 août 2026, la terre a tremblé à nouveau dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, secouée par des combats d’une violence inouïe entre les combattants Wazalendo et les éléments de la coalition rebelle AFC-M23-RDF. Après plusieurs heures d’affrontements acharnés, les premiers ont réussi à reprendre le contrôle des localités de Chambombo et Kazinga, deux positions clés convoitées par les belligérants.

Selon des sources locales jointes sur place, les échanges de tirs ont débuté aux aurores pour ne cesser qu’en fin de journée. Chambombo, situé dans le groupement de Ziralo, chefferie de Buhavu, est passé plusieurs fois de main à main avant de revenir sous l’emprise des Wazalendo. Kazinga, non loin de là, a connu un sort similaire, offrant aux forces locales un souffle tactique dans une région où la ligne de front demeure mouvante.

Pourtant, la victoire n’est pas totale. La société civile locale rapporte que la localité de Lumbishi, située à quelques kilomètres, reste un véritable couteau suisse : elle serait désormais partagée entre les deux camps, chaque faction y détenant des poches de résistance. Cette cohabitation forcée rend la situation explosive et laisse présager de nouveaux affrontements dans les heures à venir.

Dans l’ombre des combats, un détail troublant émerge. Des sources médicales autorisées confirment que plusieurs combattants de l’AFC-M23-RDF, grièvement blessés, ont été admis à l’hôpital de Numbi. Parmi eux, un officier rwandais, portant le grade de colonel, aurait été évacué dans un état critique.

Sur le terrain, l’atmosphère est à la fois électrique et désespérée. Les mouvements de troupes se multiplient, les renforts arrivent de part et d’autre, et le bruit des armes résonne encore par intermittence dans les collines environnantes. Pour les populations civiles, prises en étau, c’est l’exode. Des centaines de familles fuient les zones rouges, empruntant des pistes boueuses pour se réfugier dans des villages jugés plus sûrs, tandis que les infrastructures sanitaires et scolaires sont mises à rude épreuve.

Sur le plan stratégique, la reprise de Chambombo et Kazinga constitue un revers pour l’AFC-M23-RDF, qui tentait depuis plusieurs semaines d’étendre son emprise sur l’axe Kalehe-Bukavu. Les Wazalendo, eux, surfent sur une dynamique de reconquête, mais leurs moyens logistiques restent limités face à une coalition mieux équipée.

Une certitude demeure : le Sud-Kivu n’a pas fini de brûler. Et chaque jour qui passe creuse un peu plus le sillon de la peur et de l’incertitude pour des milliers d’habitants qui ne demandent qu’à vivre en paix. La bataille de Kalehe n’est peut-être qu’un épisode d’une guerre plus large, mais elle porte en elle les germes d’une crise humanitaire que personne ne semble aujourd’hui en mesure d’endiguer.

Par la rédaction

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