Afrique-Commerce|Afreximbank 2026 : la RDC s’impose comme la deuxième puissance du commerce intra-africain

Le chiffre mérite une attention particulière : en 2025, la République démocratique du Congo a représenté 6,74 % du commerce de marchandises réalisé entre pays africains, selon l’African Trade Report 2026 d’Afreximbank. La RDC se hisse ainsi à la deuxième place du classement continental, derrière l’Afrique du Sud (19,2 %) et devant la Côte d’Ivoire (4,83 %).

Cette performance ne constitue pas une simple statistique. Elle traduit une évolution importante : la RDC renforce son poids dans l’architecture commerciale africaine et apparaît désormais comme l’un des principaux pôles d’échanges du continent.

La RDC, deuxième acteur du commerce africain

Le classement d’Afreximbank est révélateur. Derrière l’Afrique du Sud, la RDC occupe la deuxième position avec 6,74 % des échanges intra-africains. Elle devance notamment la Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Maroc, l’Égypte, la Zambie et le Nigeria.

Cette position s’explique notamment par la place géographique stratégique de la RDC, située au croisement de plusieurs espaces économiques : Afrique centrale, Afrique australe et Afrique orientale.

Avec ses frontières, ses ressources, son marché intérieur et ses connexions commerciales régionales, le pays dispose des atouts nécessaires pour devenir un véritable carrefour du commerce continental.

Une puissance commerciale au cœur des corridors africains

La performance congolaise doit également être replacée dans le contexte de la montée en puissance du commerce intra-africain.

En 2025, celui-ci a atteint 213,8 milliards de dollars, confirmant la progression des échanges entre économies africaines.

Pour la RDC, l’enjeu est désormais de transformer sa position géographique en avantage économique concret : développer les corridors commerciaux, réduire les coûts logistiques, améliorer les infrastructures et faciliter la circulation des marchandises.

La puissance commerciale ne se mesure donc plus seulement à la capacité d’exporter, mais à celle de connecter les marchés et de participer aux chaînes de valeur régionales.

La ZLECAf, une opportunité stratégique pour Kinshasa

Dans cette nouvelle configuration, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre à la RDC une opportunité majeure.

L’objectif n’est plus uniquement de vendre davantage à l’extérieur du continent, mais de permettre aux entreprises congolaises d’accéder à un marché africain beaucoup plus vaste.

Pour y parvenir, Kinshasa devra accélérer l’amélioration des infrastructures, la simplification des procédures douanières, l’accès au financement et surtout la transformation locale des ressources.

Car vendre davantage à l’Afrique ne suffit pas.

Il faut aussi produire davantage pour l’Afrique.

Le prochain défi : transformer le poids commercial en puissance productive

Afreximbank rappelle que le financement demeure l’un des principaux obstacles au développement du commerce africain. Pour la RDC, cette question est déterminante.

Une économie qui ambitionne de devenir une puissance commerciale continentale doit disposer d’un système capable de financer ses exportateurs, soutenir les PME, développer les infrastructures logistiques et accompagner l’industrialisation.

Le véritable défi congolais est donc désormais clair : transformer son poids dans le commerce intra-africain en capacité productive durable.

La RDC à l’heure du changement d’échelle

L’enseignement majeur du rapport d’Afreximbank est sans équivoque : la RDC n’est plus un acteur périphérique du commerce africain.

Avec 6,74 % du commerce intra-africain, elle se situe déjà au deuxième rang continental.

Mais ce classement ne doit pas être considéré comme une fin en soi. Il constitue un point de départ.

La prochaine bataille sera celle de l’industrialisation, des infrastructures, du financement et de la conquête des marchés africains.

Si elle parvient à transformer ses ressources, son marché intérieur et sa position géographique en véritables leviers industriels et commerciaux, la RDC pourrait convertir son poids actuel en leadership économique continental.

Dans une Afrique qui cherche désormais à commercer davantage avec elle-même, la République démocratique du Congo possède déjà une place de premier plan. Reste à transformer cette place en puissance.

Par Djorres Tshivuadi

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