Lors de sa conférence de presse, le Président Félix Tshisekedi n’a pas éludé les sujets qui fâchent, de l’insalubrité chronique de Kinshasa à la révision de la Constitution, en passant par la promesse d’un troisième mandat conditionné. Alternant aveux de faiblesses institutionnelles et annonces sociales percutantes, le Chef de l’État a tenté de renouer le fil avec les préoccupations quotidiennes des Congolais.
Interrogé sur la gestion de la capitale, le Président s’est montré offusqué : « Je suis le premier à m’offusquer vis-à-vis de ça. Le gouverneur peut vous dire combien à chaque fois, je lui demande une mise à jour. Nous avons au gouvernement des ministres de la ville, mais elles ne vont pas se résoudre en une traite. » Une déclaration qui intervient alors que la population dénonce l’amoncellement des déchets et l’inefficacité des contrats de salubrité.
Sur le plan économique, le Chef de l’État a défendu un bilan chiffré pour répondre à la baisse du pouvoir d’achat : « L’inflation est revenue à 3,3% l’impôt sur les revenus professionnels a été réduit de 15% à 3%. Les salaires des fonctionnaires ont été triplés, ceux des militaires quadruplés. » Reconnaissant que « tout n’est pas achevé », il a promis une accélération des chantiers comme le port de Banana ou la rocade de Kinshasa.
Mais la déclaration la plus politique reste celle relative à la révision constitutionnelle et à son avenir personnel. « Le fait de réviser la Constitution n’est pas un crime. » A-t-il lancé, avant d’adopter une posture déroutante sur la prolongation de son mandat : « Je n’ai pas sollicité un 3e mandat, mais si le peuple veut un 3e mandat, je l’accepterai. » Une phrase qui a suscité l’émoi dans la classe politique, même si le Président a rappelé qu’il avait encore une mission jusqu’en 2028 et qu’il ferait tout pour arriver à Lusambo, signe d’une ambition de reconquête territoriale totale. Enfin, critiquant l’organisation administrative héritée du passé, il a estimé que « la décentralisation a été faite sans vision réelle il y a aujourd’hui des provinces créées qui sont non viables, qui n’ont même pas de budget. »
Par LPC

