RDC : Autonomie, politique sur 10 ans et certification, Le Ministre Marc Ekila dévoile sa stratégie pour qualifier la main-d’œuvre congolaise

Longtemps resté sous la tutelle de l’Éducation Nationale (ex-EPST), le ministère de la Formation professionnelle, devenu autonome depuis près d’un siècle d’efforts et une décennie d’existence propre, entend bien imprimer sa marque. Un an après la mise en place du Gouvernement Suminwa II, le ministre de tutelle, Marc Ekila Likombo, s’est prêté à l’exercice de redevabilité sur le plateau de la RTNC face aux journalistes Sandra Nyangi et Blaise Bokokia. L’enjeu central est clair : repeupler le capital humain pour mettre fin au paradigme de la « main-d’œuvre non qualifiée ».

Une feuille de route stratégique pour 145 territoires

Pour répondre à l’inadéquation chronique entre l’offre de formation et le marché de l’emploi, le ministère s’est doté pour la première fois d’un document de politique nationale s’étalant sur dix ans. Ce plan d’action prévoit notamment le programme « 145 territoires de la formation professionnelle », un annuaire cartographiant les besoins spécifiques de chaque zone afin d’inciter la jeunesse à créer de la valeur localement.

Pour appuyer cette vision, l’État intensifie la construction de centres publics modernes à l’instar de celui inauguré récemment dans la commune de Dilala (Lualaba) tout en renforçant son contrôle réglementaire. Désormais, les centres privés et ceux gérés par les entreprises minières réintégration le giron de l’État pour garantir une meilleure synergie des données et des standards.

Actions ciblées : secteur minier, familles de militaires et entrepreneuriat

Face au constat alarmant de la faible représentativité des Congolais dans les métiers techniques du secteur minier souvent occupés par du personnel étranger, le ministère accélère les synergies locales pour former la jeunesse locale aux exigences de l’industrie extractives.

Sur le plan social et sécuritaire, plus de 7 000 dépendants de militaires et de policiers ont déjà été formés à travers le pays pour soutenir l’effort national et valoriser les familles des forces de l’ordre. Parallèlement, l’accompagnement vers l’auto-emploi bat son plein : environ 800 jeunes ont été formés à l’entrepreneuriat, préfigurant un nouveau modèle d’insertion durable.

Reconnaissance des compétences et académies de pointe

Le ministre a souligné que le défi de la RDC réside souvent moins dans le manque de compétences que dans leur certification. Pour formaliser les acquis des praticiens autodidactes, un dispositif de Valorisation des Acquis de l’Expérience (VAE) a été déployé. Supervisés par des jurys présidés par les employeurs eux-mêmes (FEC, ANEP), ces examens ont déjà séduit plus de 22 000 candidats désireux de faire valoir leur savoir-faire sur le marché formel.

Enfin, pour répondre aux enjeux technologiques de demain, le ministère franchit un cap avec le lancement d’académies spécialisées (numérique, IA, transition écologique). Une première expérience concrète est déjà opérationnelle à Matadi avec la MGT, où une cohorte de jeunes diplômés se forme aux métiers portuaires et maritimes.

Par La rédaction LPC

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