Ce vendredi 5 juin 2026, à Kinzalandi (territoire de Mbanza-Ngungu, Kongo Central), le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a officiellement lancé les travaux de la première unité congolaise de montage et de fabrication locale de tracteurs. Une avancée majeure pour la mécanisation agricole et la souveraineté économique du pays.
La vision portée par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, celle de la « revanche du sol sur le sous-sol », vient de franchir une étape décisive. Le vendredi 5 juin 2026, au village Kinzalandi, dans la province du Kongo Central, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a procédé à la pose symbolique de la première pierre d’une usine dédiée à l’assemblage, puis à terme à la fabrication locale, de tracteurs en République démocratique du Congo.
Cet événement dépasse largement le cadre d’une simple formalité protocolaire. Il concrétise en effet un projet industriel à forte portée agricole, destiné à bouleverser en profondeur les pratiques culturales congolaises tout en consolidant l’indépendance économique nationale.
Devant un parterre composé d’autorités provinciales, de sénateurs, de chefs coutumiers, d’experts ministériels, de représentants de coopératives agricoles, ainsi que d’une foule nombreuse venue assister à ce moment historique, le ministre d’État a tenu à rappeler l’origine présidentielle de cette ambition. Selon lui, l’initiative s’inscrit directement dans la feuille de route fixée par le chef de l’État.
« Être ici, ce n’est pas seulement pour une cérémonie de pose de la première pierre. Nous sommes ici pour lancer un message. Un message clair qui découle de la vision du Chef de l’État : la revanche du sol sur le sous-sol » , a lancé avec volontarisme Muhindo Nzangi.
De l’assemblage à la fabrication intégrale des tracteurs
Le ministre a pris soin de préciser l’horizon visé par ce projet. Si une première phase, espère-t-il achevée avant la fin de l’année en cours, sera consacrée à l’assemblage des engins, l’objectif ultime reste la production locale complète du matériel agricole.
« Il y aura certes une première étape que nous espérons achever avant la fin de l’année, celle de l’assemblage. Mais les étapes suivantes nous conduiront à fabriquer les tracteurs de A à Z ici même, au Kongo Central » , a-t-il expliqué.
Grâce à cette infrastructure, l’exécutif entend réduire progressivement la dépendance du pays vis-à-vis des importations d’équipements agricoles, tout en bâtissant une véritable industrie nationale au service des mondes ruraux.
Un besoin annuel évalué à 5 000 tracteurs
Pour le patron de l’Agriculture congolaise, la mécanisation constitue désormais un levier incontournable pour transformer le secteur. Selon les chiffres de son ministère, la RDC aurait besoin d’environ 5 000 tracteurs par an afin de répondre aux attentes des producteurs et d’améliorer significativement les rendements.
L’usine, réalisée par Congo Motors avec l’appui technologique de l’américain CASE IH, devra progressivement satisfaire cette demande croissante tout en rapprochant les équipements des exploitants agricoles. Muhindo Nzangi a d’ailleurs annoncé que l’État avait déjà passé une commande ferme de 3 000 tracteurs, destinés à desservir les agriculteurs sur l’ensemble du territoire national.
Un défi de maintenance enfin pris à bras-le-corps
Au-delà de la simple fabrication, cette unité industrielle apportera une réponse durable à une difficulté récurrente rencontrée par les agriculteurs congolais : l’entretien du matériel. Le ministre d’État a rappelé que de nombreux tracteurs acquis ces dernières années restaient immobilisés, faute de techniciens qualifiés et de pièces de rechange disponibles.
Avec l’implantation de cette usine, le pays disposera désormais d’un centre capable de fournir des pièces détachées, d’assurer la maintenance des engins et de former une nouvelle génération de spécialistes de la mécanisation agricole.
Par LPC

