La Formation professionnelle en République Démocratique du Congo amorce un virage décisif. Réunis ce samedi au cabinet du Ministre d’État, les nouveaux Inspecteurs Chefs de Service ont reçu leurs lettres de mission. Au cœur des instructions : rompre avec les pratiques héritées de l’EPST et instaurer un système d’évaluation certificative résolument tourné vers le terrain et les compétences réelles.
C’est une page qui se tourne. Le Ministre d’État, Ministre de la Formation Professionnelle, Maître Marc EKILA LIKOMBO, a présidé ce 11 juillet une réunion de prise de contact avec l’ensemble des Inspecteurs Chefs de Service récemment nommés par l’Arrêté N°063 du 10 juin 2026. Pendant plus de trois heures, de 12h15 à 15h35, les grandes orientations de la mandature ont été fixées avec une seule boussole : faire de la Formation professionnelle un levier d’industrialisation et d’employabilité.
D’entrée de jeu, le patron de la Formation professionnelle a félicité la nouvelle équipe pour son engagement à servir la vision du ministère, avant de planter le décor. « Les défis sont énormes », a martelé Maître Marc EKILA LIKOMBO, appelant les inspecteurs à une mobilisation totale.
L’instruction est sans ambiguïté : redynamiser les services et, surtout, se démarquer clairement de l’EPST. Le Ministre d’État a insisté sur la nécessité de doter la Formation professionnelle de sa propre identité, de ses propres standards et de son propre système de régulation. Il a rappelé le rôle central de l’Inspection Générale dans le contrôle, l’évaluation et l’encadrement, exigeant des résultats concrets sur le terrain.
Un nouveau système d’évaluation : fin des QCM et des pratiques théoriques
Second temps fort de cette réunion historique : la présentation, par l’Inspection Générale, du nouveau système d’évaluation certificative. Une rupture totale avec les anciennes pratiques calquées sur le modèle de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST). Le nouveau dispositif balaie les questions à choix multiples (QCM) pour privilégier l’acquisition de compétences professionnelles tangibles.
Désormais, l’évaluation se déroulera en un seul bloc continu de 14 jours, articulé autour de trois séquences distinctes et complémentaires :
· La FiPP (Fiche d’Intégration de Pratique Professionnelle) : l’apprenant défend les acquis réalisés en atelier ou en entreprise, prouvant ainsi sa capacité à mettre en œuvre les savoir-faire de son métier.
· La Défense du Projet : il s’agit d’évaluer la capacité de l’apprenant à concevoir, structurer et défendre un projet en lien direct avec sa filière de formation.
· La DCP (Démonstration de la Compétence Professionnelle) : une mise en situation réelle où l’apprenant doit prouver, par la pratique, sa maîtrise technique et opérationnelle.
Une réforme validée, une mise en œuvre imminente
À l’issue de l’exposé, le Ministre d’État, convaincu par la pertinence et l’ambition du dispositif, a validé sans réserve le nouveau système. Ce dernier sera prochainement déployé dans l’ensemble des structures de formation professionnelle du pays, marquant ainsi la fin définitive des évaluations purement théoriques.
En clôturant les travaux, Maître Marc EKILA LIKOMBO a réitéré sa confiance à la nouvelle équipe d’Inspecteurs, les appelant à faire preuve de rigueur, d’innovation et de loyauté pour matérialiser cette réforme ambitieuse.
Avec cette validation, la Formation professionnelle congolaise tourne résolument le dos aux schémas hérités pour entrer de plain-pied dans l’ère de la compétence pratique, au service d’une jeunesse congolaise en quête d’emplois qualifiants et d’une économie en pleine mutation.
Par la Rédaction

