Afrique : un déficit criant de 6,1 millions de professionnels pour atteindre la couverture universelle

C’est l’alerte lancée par le Centre de prévention et de contrôle des maladies de l’Union africaine (Africa CDC), qui estime à 6,1 millions le nombre de professionnels de santé supplémentaires nécessaires pour parvenir à la couverture santé universelle et répondre aux besoins essentiels des populations d’ici 2030.

Ces chiffres, extraits du « African Health Workforce Compact | Investment Case Analysis Report » publié le 29 janvier 2026, dressent un constat sévère des systèmes de santé africains, minés par un sous-financement chronique et une pénurie massive de main-d’œuvre qualifiée.

Le rapport rappelle un objectif pourtant ancien : la Déclaration d’Abuja de 2001, par laquelle les États membres de l’Union africaine s’engageaient à allouer au moins 15% de leur budget national au secteur de la santé. Un quart de siècle plus tard, seuls 3 pays seulement dont le Rwanda, le Botswana et le Cap-Vert, ont tenu ou dépassé cette promesse.

Les conséquences de cette faiblesse des systèmes sanitaires sont multiples et lourdes.

La Banque africaine de développement (BAD) chiffre à 2400 milliards de dollars US les pertes subies par les Africains contraints de se faire soigner à l’étranger, un chiffre astronomique qui illustre l’ampleur du déficit de confiance et de capacité des infrastructures locales.

Face à l’immensité du défi, l’échéance de 2030 pour la couverture santé universelle semble déjà hors d’atteinte. Le rapport de l’Africa CDC recalibre les perspectives sur le cadre stratégique à plus long terme de l’Union africaine, « L’Afrique que nous voulons », dont l’horizon est 2063.

L’objectif est désormais d’aligner le rattrapage des effectifs de santé sur cette vision quinquennale visant une « Afrique intégrée, prospère et pacique ».

Par Dieumerci Anawezi

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