Conformément à la procédure législative, le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a présenté ce jeudi devant la chambre haute du Parlement le projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Cette présentation s’est effectuée au nom de la Première ministre, cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa. Adopté par l’Assemblée nationale et désormais évalué à 22 milliards de dollars américains, ce texte marque une étape significative dans la planification financière du pays.
Devant les sénateurs, Adolphe Muzito a détaillé l’architecture du projet de loi ainsi que les ajustements récents intervenus suite à la Revue réalisée avec le Fonds Monétaire International (FMI).
Il a souligné que ce budget s’inscrit dans une perspective triennale, avec une pression fiscale projetée à 12% en 2026, 13% en 2027 et 15% en 2028. « Dans cette trajectoire évolutive, l’ambition est d’atteindre la moyenne en Afrique subsaharienne de 17% d’ici 2030« , a-t-il déclaré.
« Cette projection permettra à la RDC de financer sur ses propres ressources la défense et la sécurité, l’amélioration des salaires des agents et fonctionnaires de l’État ainsi que les infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires à hauteur de 15 milliards $US, cela, à raison de 5 milliards $US pour chacune de ces ambitions« , a poursuivi le Vice-Premier ministre, y voyant la mise en œuvre des engagements du Président de la République Félix Tshisekedi.
Et d’ajouter : « Ces efforts contribueront à l’amélioration du revenu annuel par habitant qui pourrait dépasser 1 000 dollars $US en 2030, faisant progresser le Congolais d’un revenu inférieur à 2$US par jour à plus de 3$US par jour. »
Ce projet de loi s’articule dans un environnement macro-économique en pleine évolution. Adolphe Muzito a fait observer qu’une amélioration était intervenue depuis son dépôt initial à l’Assemblée nationale, marquée notamment par une appréciation du Franc Congolais et un recul de l’inflation.
À l’issue d’un exercice de collaboration avec le FMI et après examen par les députés, le budget a été porté de 20 à 22 milliards USD, soit une augmentation de 15,5% par rapport au niveau de 19 milliards USD initialement chiffré par l’institution de Bretton Woods en raison de variations des recettes extérieures.
Porté au nom de l’exécutif, ce texte propose également une série de réformes structurelles destinées à consolider les finances publiques. La digitalisation des procédures, l’extension de la fracture normalisée, la modernisation de la TVA, la création d’un guichet unique pour les micro-entreprises et le renforcement de l’impôt sur le revenu en font partie.
Ces mesures visent à générer un accroissement conséquent des recettes. Parallèlement, la qualité des dépenses devrait être améliorée grâce, entre autres, à l’assainissement du fichier de paie, une opération qui permettra également d’augmenter les salaires et de régulariser la situation des agents non payés.
Adolphe Muzito a tenu à marquer la différence entre ce projet de loi de finances et celui de l’exercice précédent. Le budget 2026 se distingue par des allocations pour les dépenses d’investissement portées à 7 milliards USD, soit 36% du budget général, incluant les fonds de péréquation.
Concernant les transferts et subventions, une enveloppe de 2 milliards USD est prévue, représentant une hausse de 63%. Cette augmentation est justifiée par des réformes destinées à relancer les entreprises publiques, à financer la recherche, à maintenir la subvention pétrolière et à assurer les transferts aux provinces, lesquels incluent désormais la prise en charge des conseillers communaux.
Ainsi, après son adoption par l’Assemblée nationale, le Gouvernement soumet à la sagesse du Sénat un projet de loi de finances 2026 qui, selon ses promoteurs, incarne l’ambition d’un « Congo de grandeur », fondé sur une mobilisation accrue des ressources internes et une dépense publique recentrée sur les priorités stratégiques du développement.
Par Horus-Gabriel Buzitu

