Alors que des intempéries d’une rare violence frappent depuis sept jours plusieurs pays de la région, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. L’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie et le Sri Lanka sont en proie à des inondations et des glissements de terrain meurtriers, confrontant les autorités à d’immenses défis logistiques.
Une semaine de précipitations extrêmes, attribuées à la mousson et renforcées par deux cyclones tropicaux distincts, a submergé des territoires entiers, faisant plus de 1 200 victimes et laissant des centaines de personnes disparues. L’acheminement de l’aide humanitaire constitue désormais une course contre la montre, particulièrement en Indonésie où de nombreuses zones demeurent totalement coupées du monde, accessibles uniquement par les airs ou par voie maritime.
L’Indonésie gravement touchée
L’archipel indonésien, et plus précisément la grande île de Sumatra, paie le plus lourd tribut. Selon le dernier bilan communiqué mardi 2 décembre par l’Agence nationale de gestion des catastrophes, les crues soudaines et les coulées de boue ont provoqué la mort d’au moins 712 personnes. Trois provinces de l’ouest de l’île Aceh, Sumatra Nord et Sumatra Ouest sont les plus affectées.

Le bilan provisoire fait également état de près de 2 600 blessés et de 475 disparus. L’ampleur du déplacement de population est colossal : environ 1,1 million d’habitants ont dû fuir leurs domiciles et sont aujourd’hui hébergés dans des abris de fortune. Les équipes de secours poursuivent inlassablement leurs opérations pour atteindre les survivants toujours piégés, certains ayant trouvé un refuge précaire en haut des arbres, comme des cocotiers, pour échapper à la montée des eaux.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement indonésien a annoncé l’envoi massif de denrées alimentaires vers les provinces sinistrées, comprenant 34 000 tonnes de riz et 6,8 millions de litres d’huile de cuisson. « Il ne peut y avoir aucun retard », a insisté le ministre de l’Agriculture, Andi Amran Sulaiman. Cette mobilisation intervient alors que de nombreux appels, y compris pour une déclaration d’état d’urgence nationale par le président Prabowo Subianto, ont été lancés afin d’accélérer et de simplifier les opérations de secours et de reconstruction.
Le changement climatique en ligne de mire
Les experts pointent une nouvelle fois du doigt l’influence du dérèglement climatique dans l’intensification de tels événements météorologiques. Une atmosphère plus chaude retient davantage d’humidité, générant des épisodes pluvieux plus intenses. Parallèlement, l’élévation de la température des océans peut contribuer à amplifier la puissance des tempêtes et des cyclones, un cocktail dévastateur pour des régions déjà vulnérables.
Alors que les pays touchés tentent de panser leurs plaies, la communauté internationale se mobilise progressivement. La priorité immédiate reste de secourir les survivants, de soigner les blessés et de prévenir les crises sanitaires, dans une course contre la montre rendue extrêmement complexe par la géographie et l’étendue des dégâts.
Par Horus-Gabriel Buzitu

