La RDC vise le siège africain d’une institution clé de l’ONU pour le règlement des différends commerciaux

Après s’être illustrée au sein de l’OMC, de la CNUCED et du CCI, la République Démocratique du Congo poursuit son offensive diplomatique. Le ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku, a défendu ce lundi à Paris la candidature du pays pour héberger le Bureau-Afrique d’une institution clé de l’ONU.

La République Démocratique du Congo affine sa stratégie de conquête des instances du commerce international. Dépêché à Paris, le ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku, a présenté ce lundi, devant le Secrétariat de la Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International (CNUDCI), la candidature de Kinshasa. L’objectif : obtenir l’implantation du Bureau-Afrique du Centre Consultatif pour le Règlement de Différends entre les États et les Investisseurs.

Cette démarche s’inscrit dans une dynamique plus large visant à affirmer le rôle central de la RDC sur l’échiquier économique mondial. Pour convaincre, le gouvernement a bâti un argumentaire solide, structuré autour de douze piliers majeurs.

Un plaidoyer construit sur des atouts multiples

Au cœur de la démonstration congolaise : la position géostratégique incontestable du pays, situé au centre de l’Afrique et facilement accessible. Kinshasa met également en avant son environnement économique en pleine croissance, ouvrant sur un marché potentiel de 450 millions de consommateurs en Afrique centrale et australe.

Les ressources naturelles exceptionnelles du pays, présentées comme un levier pour la transition énergétique mondiale, renforcent ce discours. Cet engagement est porté au plus haut niveau de l’État, avec l’appropriation personnelle du dossier par le Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi.

Sur le plan pratique, la RDC promet un cadre juridique en constante modernisation (OHADA, Code des investissements) et des infrastructures adaptées dans la capitale. Un espace au sein du futur Centre financier de Kinshasa est même réservé pour accueillir l’institution. Le gouvernement garantit un engagement financier inscrit au budget 2026 pour le démarrage des opérations, ainsi que l’octroi d’immunités diplomatiques au personnel.

Sécurité, rayonnement et contexte concurrentiel

La sécurité du futur bureau, qui serait implanté au cœur de la ville près des institutions clés, est aussi mise en avant. Kinshasa se présente en outre comme un hub de justice pour toute l’Afrique centrale, entourée de neuf pays voisins directs.

L’appartenance du pays à plusieurs communautés économiques régionales (SADC, CEEAC, COMESA, EAC) complète ce tableau. Enfin, la RDC note que ses principaux concurrents pour ce siège issus d’Afrique de l’Ouest et du Nord hébergent déjà de nombreuses institutions continentales, plaçant ainsi son offre comme un rééquilibrage géographique.

Ministre du Commerce Extérieur, SE. Julien Paluku

« Cette candidature n’est pas un aboutissement, mais une étape dans notre marche vers une reconnaissance pleine et entière comme acteur majeur du commerce mondial », a déclaré le ministre Paluku en marge de sa présentation.

Le dénominateur commun de cette offensive diplomatique reste la défense des intérêts et du rayonnement de la RDC. L’avancement collectif, semble-t-il dire, passe par la consolidation de sa place sur la scène internationale. La décision finale de la CNUDCI est désormais attendue avec intérêt.

Par Horus-Gabriel Buzitu

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