Uvira sous tension : de nouveaux affrontements meurtriers opposent l’armée à ses alliés wazalendo

La quierre retrouvée de la ville d’Uvira, siège provisoire des institutions du Sud-Kivu, a été de courte durée. Dimanche 23 juin, la cité a de nouveau été le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens wazalendo, pourtant considérés comme leurs alliés dans la lutte contre les groupes rebelles.

La situation, qualifiée de « désordre » par les sources militaires, serait le fruit d’actions orchestrées par des factions wazalendo. Celles-ci ont déclenché des tirs sporadiques, plongeant la ville dans la paralysie et obligeant l’armée à intervenir. Cette intervention a dégénéré en de véritables échanges de tirs, causant d’importantes pertes humaines.

Le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, porte-parole de l’opération Sukola 2 Sud Sud-Kivu, a fourni un premier bilan des violences. L’intervention des FARDC, justifiée par les tirs sporadiques, a mis fin à des affrontements entre factions wazalendo rivales, mais à un prix élevé. Le bilan provisoire fait état de quatre morts, incluant un militaire, deux miliciens et un civil motard. On dénombre également quatorze blessés, principalement des civils, ainsi que des membres des deux camps armés. Les forces régulières ont par ailleurs procédé à la récupération de plus de trois armes de type AK-47. Les blessés ont été évacués vers l’hôpital militaire de référence et l’hôpital général d’Uvira.

Cet épisode s’inscrit dans une série inquiétante de ruptures de la coalition anti-rebelle. Il ne s’agit en effet pas d’un incident isolé. Après la prise de Bukavu par l’AFC/M23, Uvira avait déjà été le cadre d’affrontements sérieux entre les deux parties pendant plusieurs jours, faisant une vingtaine de morts.

La région du Sud-Kivu semble s’enfoncer dans un cycle de violence accru. En l’espace de 48 heures seulement, une série de trois incidents sécuritaires distincts à Luvungi, Sange et Uvira a coûté la vie à au moins huit personnes. Face à cette recrudescence, la société civile s’alarme et exige des mesures de sécurisation strictes. Cette demande intervient dans un contexte de pression constante exercée par les rebelles de l’AFC/M23, qui ne cachent plus leur ambition de s’emparer de nouvelles entités, dont la ville stratégique d’Uvira, toujours sous la menace.

Par Horus-Gabriel Buzitu

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