KLe gouvernement de la République Démocratique du Congo a dévoilé, ce lundi 19 janvier, un plan multidimensionnel visant à rétablir progressivement son autorité dans la ville d’Uvira et ses environs, dans la province du Sud-Kivu. Cette annonce fait suite au retrait des forces rwandaises et de leurs supplétifs du groupe armé M23/AFC de la ville, un départ que Kinshasa qualifie de forcé et assorti d’actes de « pillage orchestré » et de « chaos programmé ».
Dans un communiqué officiel, les autorités congolaises affirment que le retrait de l’ennemi a été précédé par une série d’exactions ayant profondément déstabilisé la région. « Ce retrait a été précédé par des actes répétés et systématiques de pillage orchestré et de vol à grande échelle, l’instauration d’un désordre prémédité, le maintien d’un climat d’insécurité persistant, ainsi que des actions de stigmatisation communautaire », peut-on lire. Le gouvernement estime en conséquence que ce mouvement « ne saurait être considéré comme un acte de bonne foi » ni comme un geste sincère d’apaisement.
Un retrait « ponctuel », pas la fin de l’agression
Les autorités insistent sur le caractère limité de cet événement. « Le retrait d’Uvira constitue un développement ponctuel, mais ne saurait être considéré comme la fin de l’agression, ni comme une modification substantielle de la situation sécuritaire générale », prévient le communiqué. Pour Kinshasa, la seule issue acceptable reste « le départ total, effectif et sans condition des forces rwandaises et de leurs supplétifs de l’ensemble du territoire » congolais, en ligne avec la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU et les engagements des accords de Washington (juin 2025) et de Doha.
Face à ce vide laissé par les forces adverses, les Forces Armées de la RDC (FARDC), la Police Nationale Congolaise (PNC) et les autres services de sécurité ont entamé un « retour progressif et ordonné » dans la zone. Leur mission est triple : rétablir l’autorité de l’État, assurer la sécurité des personnes et des biens, et contenir les effets du chaos laissé derrière eux.
Dénonciation des déportations et appel au calme
Le gouvernement dénonce par ailleurs une pratique qualifiée d’« inacceptable » : la déportation de populations civiles, notamment des membres de la communauté banyamulenge. Selon le communiqué, ces personnes « ont été forcées à quitter la ville d’Uvira par les forces rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC/M23, dans l’objectif de s’en servir comme prétexte pour justifier leur présence sur notre sol ». Kinshasa salue « le courage et la responsabilité de cette communauté, qui refuse de servir d’alibi à l’agression rwandaise ».
Dans ce contexte volatile, le gouvernement lance un appel solennel à l’ensemble de la population « au calme, à la retenue et au sens de responsabilité ». Il met en garde contre les pièges de « la manipulation, de la désinformation ou du discours de stigmatisation » qui pourraient attiser les tensions et servir les intérêts de l’adversaire.
La paix durable, conditionnée par un départ total
En conclusion, le gouvernement réaffirme avec fermeté sa position : une paix durable ne pourra émerger de « retraits partiels ou circonstanciels ». Elle ne pourra être le fruit que d’« un processus conduisant effectivement à la cessation de toute présence de l’armée rwandaise de notre territoire et de son soutien au M23 ». L’exécutif se dit « pleinement mobilisé » pour assurer la protection des civils, la défense de l’intégrité territoriale et le rétablissement de l’ordre public.
Par Horus-Gabriel

