Le Ministère de la Justice ordonne un examen judiciaire des finances du Kongo Central

Le Ministère de la Justice a saisi le Procureur Général près la Cour de cassation à la suite d’un rapport accablant de l’Inspection Générale des Finances (IGF) sur la gestion des fonds publics dans la province du Kongo Central. Une enquête judiciaire pourrait être ouverte.

Sur instruction du Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume NGEFA ATONDOKO ANDALI, le parquet général devra examiner « conformément à la loi » les irrégularités financières présumées mises en lumière pour l’année 2025. Cette décision, officialisée par un communiqué daté du 23 janvier 2026, intervient après une mission de contrôle de l’IGF.

Le contrôle de l’IGF a porté sur l’ensemble des principales institutions provinciales : l’Assemblée provinciale, le Gouvernement provincial, la Direction des recettes, ainsi que les Entités Territoriales Décentralisées (ETD) et les redevables publics. Les investigations, couvrant la période de janvier à décembre 2025, ont relevé des faits susceptibles de qualifications pénales.

Selon le communiqué ministériel, le rapport évoque notamment des « allégations de détournement des deniers publics, de concussion et d’autres irrégularités ». La concussion, un délit consistant pour un fonctionnaire à exiger des sommes illégales, renvoie à des pratiques de corruption. La gravité des faits constatés a conduit le ministre à en saisir l’autorité judiciaire compétente pour une appréciation et d’éventuelles poursuites.

Dans son annonce, le Ministre de la Justice tient à rappeler un principe fondamental du droit : « toute personne concernée bénéficie de la présomption d’innocence ». Cette précision vise à cadrer le processus dans les strictes limites de l’État de droit et à éviter toute condamnation prématurée dans l’esprit du public.

Le communiqué réaffirme par ailleurs « l’attachement du Gouvernement de la République au respect de la loi, des procédures en vigueur et des principes de l’État de droit ». Cette démarche illustre la volonté des autorités centrales de faire la lumière sur la gestion des finances publiques au niveau provincial et de sanctionner d’éventuels abus.

Il appartient désormais au Procureur Général près la Cour de cassation d’analyser le rapport de l’IGF et les éléments transmis. Son office devra déterminer si les faits dénoncés sont suffisamment étayés pour justiser l’ouverture d’une instruction judiciaire spécifique.

Par Horus-Gabriel Buzitu

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