Alors que le sénateur Modeste Bahati Lukwebo a récemment minimisé l’urgence d’une réforme constitutionnelle, un cadre de l’UDPS, le parti présidentiel, a fermement recadré son allié de l’Union sacrée.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 09 mars 2026, Michel Kibonge Nyekuma, avocat et responsable de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a apporté une réponse cinglante aux propos du sénateur Modeste Bahati Lukwebo.
Ce dernier soutenait que les difficultés de la République démocratique du Congo (RDC) proviendraient davantage de la mauvaise application des lois par les hommes que des lois elles-mêmes.
Selon lui, dans un État de droit, les institutions reposent avant tout sur des fondations juridiques solides. Les règles de droit, rappelle-t-il, structurent l’action publique et garantissent l’équilibre des pouvois, bien avant que la qualité des dirigeants n’entre en jeu.
Une Constitution de 2006 à la genèse complexe
L’avocat du parti présidentiel insiste sur la nécessité de regarder la réalité en face : près de vingt ans après son adoption, la Constitution du 18 février 2006 mérite un examen critique. Issu des accords de Sun City conclus dans un contexte de guerre entre anciens belligérants, le texte actuel comporterait selon lui des « zones d’ombre ».
Me Kibonge Nyekuma cite notamment les articles 51 et 217 comme exemples de dispositions qui mériteraient d’être examinées avec responsabilité et lucidité.
Il souligne notamment que cette genèse particulière justifie aujourd’hui des interrogations légitimes sur la cohérence de certaines dispositions.
Sur le plan politique, il regrette la sortie médiatique de Modeste Bahati Lukwebo, membre influent de l’Union sacrée (la coalition au pouvoir). Il appelle ses partenaires à plus de cohérence et de loyauté envers l’initiative du Chef de l’État.
L’avocat du parti a appelé à la maturité politique, invitant militants et citoyens à ne pas considérer la Loi fondamentale comme un texte figé.
Cette prise de position marque une nouvelle étape dans les discussions autour d’un éventuel changement constitutionnel, ravivant les tensions entre les partisans d’une révision profonde et ceux qui, comme Bahati Lukwebo, appellent à la prudence en mettant l’accent sur la pratique du pouvoir.
Par Dieumerci Anawezi

