Dans un entretien accordé à TV5Monde, l’ancien chef du gouvernement lance des accusations d’une rare sévérité contre l’actuelle administration, évoquant une « chasse » politique, une justice partiale et une gestion catastrophique du pays.
La critique est venue de loin, et elle a porté. Invité sur le plateau du journal de TV5Monde, l’ancien Premier ministre de la République Démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo Mapon, a décocé une série de flèches empoisonnées contre le régime du Président Félix-Antoine Tshisekedi.
Au cœur de son réquisitoire : la responsabilité du gouvernement dans les maux du pays. « Les problèmes de rébellion que nous connaissons sont liés à la mauvaise gouvernance », a-t-il asséné, balayant d’un revers de main les explications sécuritaires souvent avancées par Kinshasa. Il enfonce le clou sur le plan économique, affirmant que « jamais le pays n’a connu autant de détournements de fonds qu’actuellement ».
« Une justice de la tribu » et un pouvoir « ventripotent »
L’ancien premier ministre, qui fait l’objet de poursuites judiciaires, a vivement dénoncé ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation de la justice. Il affirme être « pourchassé » pour avoir refusé de collaborer avec le pouvoir en place. Poussant plus loin sa critique des institutions, il a jeté un pavé dans la mare en qualifiant son jugement de partial, déclarant que lors de son procès, « tous les magistrats étaient de la tribu du chef de l’État ». Une attaque qui touche à un point sensible dans un pays à la diversité ethnique complexe.
Sa diatribe n’a épargné personne au sommet de l’État. Il a décrit un gouvernement composé « uniquement de personnes corrompues » et a directement mis en cause le Président Tshisekedi, l’accusant de ne servir que « sa famille, sa tribu et ses proches ». Refusant de limiter son analyse aux frontières congolaises, Matata Ponyo a élargi le propos à une sévère critique du leadership africain contemporain. Pour lui, le continent manque cruellement de véritables leaders, remplacés selon ses mots par des dirigeants « qui travaillent pour leurs ventres », une métaphore cinglante pour dénoncer la prévarication.
L’annonce d’un retour pour « laver son honneur »
Malgré les procédures judiciaires qui pèsent sur lui et le ton très combatif de ses déclarations, l’ancien Premier ministre a annoncé son intention de rentrer au pays. Un retour qu’il présente comme un défi, motivé par la volonté de « laver son honneur » face à des accusations qu’il juge politiques.
Par LPC

