RDC | JUSTICE : Le Ministre Ngefa face à la précarité des tribunaux de Kinshasa

Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a sillonné, ce lundi 3 novembre, plusieurs tribunaux de la capitale. Cette itinérance, inédite pour certains, avait pour objectif de prendre le pouls de l’institution judiciaire sur le terrain. Le constat est sans appel : une justice congolaise asphyxiée par des conditions de travail précaires, mais portée par l’espoir d’une réforme.

Lemba : l’insoutenable promiscuité

La première étape de cette tournée a conduit le ministre à la juridiction de Lemba. La découverte y fut édifiante. Dans un espace exigu de seulement 12 m², pas moins de trente greffiers s’activent, dans une promiscuité défiant toute logique de productivité. L’absence totale d’équipement informatique dans ce local surpeuplé a vivement interpellé le ministre, dressant le portrait d’une administration judiciaire fonctionnant dans des conditions d’un autre âge.

Matete et le Tribunal de Commerce : entre projets et premières fois

À Matete, l’ambiance était davantage tournée vers l’avenir. Guillaume Ngefa y a réceptionné une maquette pour la construction d’un nouveau palais de justice, un projet symbolisant la modernisation espérée des infrastructures.

L’accueil fut particulièrement chaleureux au Tribunal de Commerce, où l’émotion était palpable. Le personnel judiciaire n’a pas caché sa surprise et sa satisfaction de recevoir pour la première fois la visite d’un ministre de la Justice en exercice. « C’est la première fois qu’un ministre nous rend visite », ont confié, visiblement émus, plusieurs agents. Une remarque qui en dit long sur le sentiment d’abandon qui pouvait prévaloir.

Des préoccupations entendues, des réponses promises

Face à ces interpellations, le ministre d’État a apporté une réponse ferme et engageante. Il a assuré que « ces préoccupations seraient prises en compte », établissant un lien direct entre l’efficacité de la justice et le développement économique du pays. « Le climat des affaires passe par une justice bien dotée », a-t-il souligné, reconnaissant ainsi le rôle central de l’institution judiciaire comme pilier de l’État de droit et de la confiance des investisseurs.

Travail et Cour d’Appel : le manque et la nécessité de légiférer

La suite de la visite a confirmé les difficultés structurelles. Au Tribunal du Travail, le ministre a relevé un « manque criant d’infrastructures », un frein évident à la bonne administration de la justice sociale.

Enfin, à la Cour d’Appel, Guillaume Ngefa a salué une initiative majeure : un appel à légiférer pour endiguer les dérives foncières. Cette proposition rencontre une préoccupation urgente de la population et démontre la volonté de la magistrature de s’attaquer aux maux qui rongent la société.

Une vision désormais ancrée dans la réalité

Au terme de cette journée marathon, le ministre a tiré un premier enseignement. Cette immersion lui a permis, selon ses propres termes, de « mieux cerner les défis réels auxquels fait face la justice congolaise ».

Cette visite a mis un visage sur des problèmes longtemps ignorés et a instauré un dialogue direct avec les acteurs de première ligne. La balle est désormais dans le camp du gouvernement pour transformer ces promesses en actes concrets et redonner à la Justice la dignité et les moyens nécessaires à son œuvre.

Par Horus-Gabriel Buzitu

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