Lors d’une conférence-débat à l’Université de Kikwit, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a livré une analyse approfondie du processus de pacification, tout en annonçant des avancées concrètes pour l’établissement.
L’Université de Kikwit a servi de cadre, ce jeudi 26 mars 2026, à une conférence-débat centrée sur le thème : « Au cœur du processus de pacification et du développement de la RDC : Comprendre les Accords de Washington ».
Devant une assistance composée de centaines d’étudiants, le ministre de la Communication et Médias, également porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a apporté des éclairages sur les enjeux sécuritaires et stratégiques liés à cet accord.
D’entrée de jeu, le ministre a dressé un rappel historique de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, insistant sur la détermination du Président de la République, Félix Tshisekedi, à restaurer la paix après plus de trois décennies de conflit.
Dans une présentation structurée, Patrick Muyaya a détaillé les différents fronts de cette guerre hybride qu’il attribue à une agression rwandaise : militaire, diplomatique, judiciaire, médiatique, économique et scientifique. Sur le plan militaire, il a salué la résilience des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui, selon lui, ont su contenir l’ennemi malgré les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux.
Abordant le volet diplomatique, le porte-parole du gouvernement a souligné l’impact de la signature des Accords de Washington, évoquant un changement de narratif sur la scène internationale ainsi que les sanctions américaines contre l’armée rwandaise, perçues comme le début de la fin des activités hostiles.
Il a également tenu à rassurer sur le contenu du partenariat stratégique avec les États-Unis :
« Aucune richesse de la RDC n’a été bradée. L’accord définit clairement les principes de sa mise en œuvre, dans le respect des intérêts nationaux », a-t-il martelé.
Face aux étudiants, le ministre a insisté sur la nécessité de s’approprier cet accord : « Je vous appelle à lire, comprendre et partager les Accords de Washington. Nous devons conclure un pacte pour la défense de la patrie et de ces engagements. Aujourd’hui, notre priorité reste la restauration de l’intégrité territoriale ».
Saluant la mobilisation estudiantine, Patrick Muyaya s’est dit marqué par la qualité des échanges :
« Je crois que j’ai été impressionné par le niveau de mobilisation, mais aussi par l’assiduité et la pertinence des questions. C’est la première fois que je discute spécifiquement des Accords de Washington avec les étudiants, qui en sont pourtant les premiers bénéficiaires. »
Revenant sur la portée de ces accords, il a poursuivi :
« La guerre dure depuis près de 30 ans. Beaucoup de Congolais sont morts, mais aujourd’hui, il y a une détermination d’en finir. Ces accords ne visent pas seulement la paix, mais aussi le développement dans le cadre du partenariat stratégique avec les États-Unis. Le premier bénéfice, c’est la fin du mensonge : comment signer un accord de paix avec un pays qui niait être en conflit avec vous ? »
Le ministre a également insisté sur les « lignes rouges » défendues par la RDC :
« Aucune concession sur un seul millimètre carré de notre territoire, aucune concession sur nos ressources. Tout est écrit. S’il y avait quelque chose à cacher, nous ne viendrions pas débattre avec les étudiants avec autant de transparence. »
Évoquant la désinformation, il a exhorté la jeunesse à jouer un rôle de rempart :
« Avec le pacte que nous avons engagé ici, vous serez les premiers à bloquer la désinformation. Ces accords sont avant tout pour l’avenir de la jeunesse congolaise. »
Concernant le séjour présidentiel dans l’espace Grand Bandundu, Patrick Muyaya a relevé des avancées, notamment dans le secteur énergétique :
« Pour la première fois, la ville de Kikwit est désormais desservie par une énergie hydroélectrique, concrétisant un projet longtemps attendu. »
Prenant la parole, le recteur de l’université, Alphonse Kapumba, a mis en garde contre les effets néfastes de la désinformation :
« Je vous invite à faire attention aux messages véhiculés sur les réseaux sociaux, souvent alimentés de l’extérieur. Ils détournent notre peuple de la réalité et peuvent nous rendre esclaves de manipulations étrangères. »
Tout en saluant la visite ministérielle, il a appelé à un engagement collectif :
« Votre passage sera fructueux. Nous en ferons un engagement réel pour toute la communauté universitaire. Avec plus de 20 000 étudiants concernés, cette lutte doit être la nôtre, et nous devons absolument la gagner. »
Par ailleurs, cette rencontre a débouché sur une annonce concrète pour l’avenir académique de l’établissement. Le président des étudiants a informé de la création prochaine d’une faculté de Communication dès l’année académique 2026-2027, sollicitant l’appui du gouvernement en équipements.
Répondant favorablement, Patrick Muyaya a promis l’accompagnement du ministère :
« Nous allons vous mettre en contact avec l’école de référence qu’est l’UNISIC à Kinshasa pour un partenariat structurant. S’agissant du studio-école, mes équipes travailleront avec vous pour matérialiser ce projet. Il est essentiel de concilier la théorie à la pratique. »
La cérémonie s’est clôturée par la remise d’un portrait du ministre par les étudiants, en signe de reconnaissance pour son engagement et sa proximité avec la jeunesse.
Par LPC

