Une embuscade des Wazalendo contre le M23/RDF dans la chefferie de Bwito a entraîné un afflux massif de blessés, civils compris, plongeant une structure médicale déjà fragile en situation de crise
L’hôpital général de référence de Mweso, dans le territoire de Rutshuru, est en situation de crise après de violents affrontements survenus ce lundi 3 novembre entre les forces d’autodéfense Wazalendo et la rébellion du M23, soutenue par le RDF. Ces combats, qui ont éclaté dans la localité de Katsiru, en chefferie de Bwito, ont provoqué une arrivée continue de blessés, mettant à rude épreuve les capacités d’un système de santé local exsangue.
Les hostilités ont commencé aux alentours de 10 heures. Selon des sources locales, les rebelles du M23, qui menaient des travaux de défrichage dans les bananeraies de la population, sont tombés dans une embuscade tendue par les Wazalendo. D’autres sources, proches de la rébellion, justifient ces actions de défrichage par la volonté de « déterrer les positions » des Wazalendo. Cette provocation présumée aurait déclenché une riposte immédiate, entraînant des échanges de tirs d’une rare intensité.
Le bilan humain, encore imprécis, serait lourd des deux côtés. Les civils, dont des enfants, paient une fois de plus un lourd tribut à ce conflit qui n’en finit pas de dévaster la région.
Un hôpital débordé
La conséquence la plus immédiate et la plus visible de cette violence a été l’afflux de victimes vers l’hôpital de Mweso. Une source médicale au sein de l’établissement, qui a requis l’anonymat, confirme l’ampleur de la crise.
« Des ambulances en provenance de Katsiru ont afflué sans interruption ce lundi. Nous ne connaissons pas le nombre exact, mais les blessés sont très nombreux », a-t-elle confié, décrivant une situation où le personnel, déjà limité en effectifs et en matériel, est soumis à une pression extrême. Les blessés, souvent évacués dans des véhicules de fortune, arrivent parfois dans un état critique, compliquant davantage la tâche des soignants.
Ces affrontements à Katsiru s’inscrivent dans une recrudescence d’attaques signalées ces derniers jours dans la chefferie de Bwito, notamment à Bumbasha. Cette escalade de la violence provoque de nouveaux mouvements de panique parmi les civils, déjà éprouvés par des mois d’instabilité. Des familles entières fuient à pied, cherchant refuge vers Mweso ou Kanyabayonga, sur des routes rendues périlleuses par la présence des groupes armés.
Alors que la situation sécuritaire dans le territoire de Rutshuru demeure extrêmement volatile, les acteurs de la société civile lancent un appel pressant. Ils exhortent les autorités et les partenaires internationaux à tout mettre en œuvre pour renforcer la protection des civils et, surtout, à apporter un soutien urgent aux structures sanitaires en première ligne, comme l’hôpital de Mweso, qui croulent sous le poids d’une crise humanitaire sans fin.
Par Horus-Gabriel Buzitu

