Lomami : Deux présumés combattants du M23 s’avèrent être des déserteurs des FARDC

Les autorités militaires ouvrent une enquête et appellent à une vigilance accrue de la population face aux manœuvres de l’ennemi.

Une enquête a été ouverte samedi par les autorités militaires de la province de Lomami pour faire la lumière sur l’identité et les motivations de deux individus arrêtés à Kabinda, initialement soupçonnés d’appartenir au mouvement rebelle du M23. Les conclusions préliminaires révèlent un scénario différent, mettant en lumière des fragilités internes aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

L’affaire remonte à l’interpellation de deux hommes en tenue civile, dont l’appartenance au M23 avait été vigoureusement affirmée par des sources locales. Ces dernières avaient également désigné les suspects comme étant des ressortissants rwandais, alimentant les craintes d’une infiltration transfrontalière dans cette région stratégique.

Face à ces allégations graves, l’armée a rapidement diligenté une investigation. Interrogé sur la question, le sous-lieutenant Jonathan Nsapo Lumami, directeur adjoint du service de communication et d’information de la 21e Région militaire, a apporté un éclairage inattendu. « Après interrogatoire, il a été confirmé que ces éléments ne faisaient pas partie du mouvement M23, mais qu’il s’agissait de membres des FARDC qui avaient déserté », a-t-il déclaré.

Cette révélation transforme la nature de l’incident, passant d’une menace externe présumée à un cas de désertion au sein de l’institution militaire. L’enquête se poursuit désormais pour déterminer les circonstances exactes de cette désertion et les éventuels motifs ou complicités.

Profitant de cette occasion, le sous-lieutenant Lumami a lancé un appel solennel à la population, tout en la remerciant pour sa vigilance initiale. Il a insisté sur la nécessité d’un partenariat étroit et permanent entre civils et militaires pour faire face aux défis sécuritaires.

« La population doit rester en alerte aux côtés des forces armées afin que nous ayons une conscience mutuelle et que nous puissions relever ensemble les défis sécuritaires qui nous guettent », a-t-il indiqué. « Il ne faut pas attendre que cela soit trop tard ; la population doit être éveillée et solidaire avec les FARDC. »

L’officier a également mis en garde contre les tactiques de l’adversaire, qui selon lui évite le combat frontal. « L’ennemi n’est pas fort face-à-face et sa tactique consiste souvent à contourner l’armée et à instrumentaliser les civils comme boucliers », a expliqué le sous-lieutenant Jonathan. Il a ainsi exhorté les citoyens à une mobilisation proactive : « Il ne faut pas attendre qu’une menace soit imminente pour se mobiliser. »

Cet incident, bien que résolu de manière moins alarmante que redouté, sert de rappel sur la complexité du paysage sécuritaire en RDC. Il souligne à la fois l’impératif de cohésion au sein des FARDC et l’importance cruciale d’une collaboration éclairée et confiante entre l’armée et les communautés qu’elle a pour mission de protéger. Les investigations se poursuivent pour écarter tout doute résiduel et tirer les enseignements nécessaires de cette affaire.

Par LPC

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