Kinshasa : Trois ans après les Jeux de la Francophonie, les entrepreneurs congolais réclament toujours 30 millions de dollars

L’euphorie des IXèmes Jeux de la Francophonie s’est estompée à Kinshasa, laissant place à une amère désillusion pour les entrepreneurs nationaux. Trois années se sont écoulées depuis la clôture de l’événement, mais le contentieux financier qui entoure son organisation reste brûlant. Une coalition d’entrepreneurs congolais, représentant plus de 5 000 travailleurs et une centaine de fournisseurs, annonce une marche de protestation ce week-end pour exiger le paiement de créances estimées à près de 30 millions de dollars par l’État congolais.

Derrière ce conflit chiffré se cache un drame humain et économique. Les entrepreneurs affectés dénoncent des conséquences dramatiques : deux d’entre eux seraient déjà décédés sans avoir été payés, et plusieurs entreprises ayant participé aux travaux ont définitivement mis la clé sous la porte. Une situation d’autant plus vive que, selon leurs dires, tous les opérateurs économiques expatriés engagés pour les Jeux ont, quant à eux, été intégralement réglés.

Parmi les créanciers figurent des noms connus du grand public, à l’instar de l’artiste Ferré Gola, qui avait assuré les prestations artistiques, preuve que l’impayé touche un large éventail de prestataires.

Exaspérés par l’attentisme des autorités, les entrepreneurs ont décidé de passer à l’action. Leur marche partira du stade Tata Raphaël, un lieu hautement symbolique ayant accueilli les compétitions, empruntera le boulevard du 30 juin, artère principale de la capitale, pour converger vers la Primature. L’objectif est de porter leur voix directement au siège du gouvernement.

« Toutes les démarches sont demeurées vaines »

L’ingénieur Jamas Elyon Kibwila, porte-parole du collectif, dresse un constat sans appel. « Toutes les démarches entreprises auprès des autorités compétentes sont demeurées vaines », affirme-t-il. Malgré de multiples relances et engagements verbaux, la trésorerie de l’État n’a, à ce jour, toujours pas honoré les factures pour les travaux et services pourtant exécutés.

Alors que Kinshasa s’était mobilisée pour montrer le visage moderne de la RDC à travers ces Jeux, les entrepreneurs nationaux estiment aujourd’hui être les grands oubliés de cette vitrine internationale.

Par LPC

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