Alors que la campagne provinciale de sensibilisation à l’Impôt sur les Revenus Locatifs (IRL) et à l’Impôt Foncier bat son plein dans la capitale. Dans plusieurs communes de Kinshasa, des tensions éclatent entre propriétaires et occupants, ces derniers dénonçant des pratiques qu’ils jugent abusives et, pour certaines, ouvertement illégales.
Face à cette situation, le député provincial Jared Phanzu Babaka, élu de Bandalungwa, a décidé de monter au créneau. Il appelle les autorités à encadrer d’urgence le secteur locatif pour éviter que la réforme fiscale, pourtant légitime, ne se transforme en « facteur de précarisation » pour des milliers de ménages kinois.
Sur le terrain, selon plusieurs témoignages recueillis dans les communes de Bandalungwa, Kalamu ou encore Limete, des propriétaires auraient déjà entrepris des démarches unilatérales et contestables :
- Des augmentations de loyer décidées en cours de bail, sans aucune négociation ;
- Des menaces d’expulsion déguisées, souvent assorties de pressions psychologiques ;
- Une tentative, chez certains bailleurs, de transférer illégalement la charge de l’IRL vers les locataires ;
- L’absence généralisée de contrats de location conformes, rendant difficile toute procédure de recours.
Pour l’élu de Bandalungwa, cette situation révèle un vide juridique dangereux.
Un appel à la formalisation et à la médiation
Dans une déclaration faite à notre rédaction, le député provincial insiste sur trois axes prioritaires :
- L’encadrement strict des baux : il plaide pour un modèle type de contrat de location, obligatoire et enregistré, afin de sécuriser les deux parties.
- La mise en place d’un mécanisme de plainte accessible : chaque commune devrait disposer d’un point d’écoute et de médiation pour traiter les conflits locatifs avant qu’ils ne dégénèrent.
- Une campagne d’information équilibrée : au-delà des obligations fiscales des propriétaires, l’élu estime que les droits des locataires doivent être diffusés avec la même ampleur.
Jared Phanzu Babaka, qui siège à l’Assemblée provinciale de Kinshasa, entend poursuivre son action de veille et de sensibilisation. Il promet de saisir les instances compétentes pour que des mesures concrètes soient adoptées avant la clôture de la campagne fiscale.
En attendant, des milliers de locataires kinois retiennent leur souffle, redoutant que l’impôt foncier ne devienne, par ricochet, une nouvelle charge pesant sur leur budget déjà fragile.
Par Dieumerci Anawezi

