Le Président exige un rapport sur la rationalisation des dépenses sous 15 jours et un plan d’action pour le secteur des télécommunications sous 30 jours, menaçant de sanctions les opérateurs défaillants.
La 74ème réunion ordinaire du Conseil des Ministres, présidée ce vendredi par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a été largement consacrée à deux enjeux majeurs pour la stabilité du pays : la vigilance sur les équilibres économiques et la crise récurrente des télécommunications.

Face à son gouvernement, le Président a dressé un bilan en demi-teinte de la conjoncture économique. Si une appréciation du Franc Congolais est observée depuis septembre 2025, les projections officielles pour fin 2026 anticipent un risque de dépréciation de la monnaie nationale. « Cette situation appelle une vigilance accrue ainsi qu’une action gouvernementale rigoureusement coordonnée », a-t-il déclaré, selon le compte-rendu de la réunion.
Pour préserver les équilibres macroéconomiques, le Président a réaffirmé que la rationalisation des dépenses publiques demeurait un « levier immédiat, crédible et indispensable ». Il a appelé à une allocation plus efficiente des ressources, « fondée sur l’élimination des dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées ». Soucieux de voir des actes concrets, Félix Tshisekedi a instruit la Première Ministre de lui transmettre dans un délai de 15 jours un rapport détaillé sur l’avancement de ce processus de rationalisation.
Le deuxième axe de l’intervention présidentielle a porté sur les perturbations persistantes des réseaux de télécommunications, numérique et audiovisuel, un sujet de colère croissante pour les citoyens et les entreprises. Le Président a dénoncé des défaillances qui « affectent gravement la vie quotidienne des citoyens, la continuité de l’action publique et le fonctionnement de l’économie nationale ».
Il a rappelé le caractère stratégique du secteur, pilier du « développement national, de la souveraineté de l’État, de la sécurité, de la cohésion sociale et de la compétitivité économique ». Dans l’ère du numérique, a-t-il souligné, il est « impératif de disposer de réseaux fiables, performants, résilients et continus ».
Face à cette situation, les instructions sont claires et musclées. Le Président a chargé les ministres des Postes et Télécommunications, de l’Économie Numérique, de la Communication ainsi que l’Autorité de Régulation (ARPTC) de :
· Veiller au strict respect des obligations légales par les opérateurs.
· Renforcer le contrôle permanent de la qualité des services.
· Appliquer « sans faiblesse ni complaisance » les sanctions prévues contre tout opérateur défaillant.
Un rapport circonstancié sur l’exécution de ces instructions, incluant les constats techniques, les mesures correctives et les sanctions appliquées, est attendu dans les 30 jours.
Ces annonces interviennent dans un contexte où les pannes d’internet et de réseaux mobiles sont devenues banales, affectant tous les opérateurs. La semaine dernière encore, la société Canalbox a signalé pour la deuxième fois en quelques jours des perturbations dues à un coupure de câble sous-marin.
En associant dans un même discours la rigueur budgétaire et la qualité des services numériques, le Président Tshisekedi envoie un signal fort sur sa priorité : la crédibilité de l’action publique et le fonctionnement efficace des services de base. La population et le secteur économique attendront maintenant les résultats concrets des rapports exigés et, surtout, une amélioration tangible et durable de la connectivité dans le pays.
Par Horus-Gabriel Buzitu

