États-Unis| NCTC : Joseph Kent, haut responsable de la lutte antiterroriste et vétéran décoré démissionne de ses fonctions

Dans une lettre de démission cinglante adressée au président Donald Trump, le directeur du National Counterterrorism Center (NCTC), Joseph Kent, a dénoncé ce qu’il considère comme une « campagne de désinformation » orchestrée par des responsables israéliens et certains médias américains pour entraîner les États-Unis dans une guerre coûteuse et inutile contre l’Iran.

La nouvelle a secoué la sphère politique et sécuritaire américaine ce lundi. Joseph Kent, haut responsable de la lutte antiterroriste et vétéran décoré, a remis sa démission avec effet immédiat, invoquant des raisons de conscience face à ce qu’il perçoit comme une dérive dangereuse de la politique étrangère américaine.

Dans un document dont nous avons pu obtenir une copie, M. Kent ne mâche pas ses mots. Il affirme que l’administration Trump, après avoir pourtant brillamment navigué entre fermeté et retrait des conflits prolongés lors du premier mandat, est tombée dans un piège tendu par des intérêts étrangers.

Un vétéran brisé par les guerres du passé

La lettre, à la fois personnelle et profondément politique, porte la marque d’un homme marqué par le poids des conflits. Joseph Kent se présente comme un vétéran ayant participé à 11 déploiements et un époux de Gold Star , ayant perdu son épouse Shannon dans une guerre qu’il qualifie de fabriquée par Israël. C’est avec cette double douleur qu’il lance un appel solennel au président.

« Je ne peux en mon âme et conscience soutenir la guerre en cours en Iran », écrit-il d’emblée, avant d’ajouter : « L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain. »

Selon lui, les mois qui ont précédé l’escalade militaire ont été marqués par une intense campagne de manipulation. Des hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains auraient sciemment créé une chambre d’écho pour convaincre le président que Téhéran était sur le point de frapper, et qu’une victoire rapide était envisageable.

L’ombre de 2003

Pour Joseph Kent, le parallèle avec l’invasion de l’Irak en 2003 est frappant et terrifiant. « C’est la même tactique que les Israéliens ont utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre d’Irak, qui a coûté la vie à des milliers de nos meilleurs soldats « , assène-t-il. Une référence claire aux accusations, souvent reprises par les milieux universitaires critiques de la politique étrangère américaine, concernant le rôle de certaines factions pro-israéliennes dans la promotion de l’intervention contre Saddam Hussein.

Il oppose cette dérive aux accomplissements du premier mandat de Donald Trump, qu’il loue pour avoir su appliquer la puissance militaire de manière décisive sans nous entraîner dans des guerres sans fin, citant la mort du général Qassem Soleimani et la défaite de l’État islamique.

Il implore Donald Trump de renouer avec sa philosophie « America First », celle qui, selon lui, lui a permis de comprendre que les guerres du Moyen-Orient étaient un piège qui vole les précieuses vies de nos patriotes et épuise la richesse et la prospérité de notre nation.

« Vous avez les cartes en main », écrit-il au président. « Vous pouvez inverser la tendance et tracer une nouvelle voie pour notre nation, ou vous pouvez nous laisser glisser davantage vers le déclin et le chaos. »

Par LPC

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