Une coalition de puissances internationales, emmenée par l’Allemagne, exprime une profonde inquiétude face à la dangereuse intensification des combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), pointant du doigt une offensive du M23 « soutenue par le Rwanda » et l’emploi de drones d’attaque.
Les gouvernements des États-Unis, de l’Allemagne, de la Belgique, du Danemark, de la France, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Suède, de la Suisse et de l’Union européenne, réunis au sein du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (ICG), ont publié une déclaration conjointe ce jour, sonnant l’alarme sur une « escalade alarmante » de la situation dans la province du Sud-Kivu, en RDC.
Présidé actuellement par l’Allemagne, l’ICG cible sans ambiguïté la « nouvelle offensive » du mouvement rebelle M23 « autour d’Uvira », une zone stratégique proche de la frontière avec le Burundi. Le groupe affirme que cette avancée, menée avec le soutien des Forces de défense rwandaises (FDR), « risque de déstabiliser toute la région » des Grands Lacs.
Outre la progression militaire, la déclaration souligne un développement technologique et tactique majeur qui inquiète profondément la communauté internationale : « l’utilisation accrue de drones d’attaque et de drones suicide dans le conflit ». Cette évolution, qualifiée d’« escalade significative », représente selon l’ICG une menace accrue pour les populations civiles, déjà prises en étau entre les différents belligérants.
Face à cette poussée, l’ICG lance un double appel urgent. D’une part, il exhorte le M23 et les Forces de défense rwandaises à « cesser immédiatement les opérations offensives » dans l’est de la RDC, et en particulier dans le Sud-Kivu. D’autre part, il appelle les FDR à « se retirer » du territoire congolais, un impératif qu’il fonde sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le groupe de contact international rappelle également à toutes les parties, y compris le gouvernement congolais, leurs obligations de protéger les civils et de respecter l’intégrité territoriale de la RDC. Il insiste sur la nécessité de « désamorcer immédiatement la situation » et d’éviter toute parole ou action provocatrice.
Les accords de paix fragilisés
Un point crucial de la déclaration concerne la mise en péril des processus diplomatiques récents. L’ICG met en garde contre le risque de voir « compromettre de manière irréparable les progrès significatifs » réalisés grâce à plusieurs accords, dont la Déclaration de principes de Doha (19 juillet 2025) et l’accord-cadre de Doha (15 novembre 2025) entre le gouvernement congolais et le M23, ainsi que les Accords de Washington du 4 décembre 2025.
En conclusion, l’ICG lance un appel pressant pour un « cessez-le-feu » clair et un accès humanitaire « complet, sûr et sans entrave » afin de permettre l’acheminement de l’aide vitale aux millions de personnes affectées par cette crise prolongée.
Cette déclaration commune et ferme de dix acteurs internationaux majeurs révèle le niveau de préoccupation face à une crise qui, loin de s’apaiser, entre dans une nouvelle phase plus dangereuse et plus technologique, avec un potentiel de déstabilisation régionale accru.
Par Horus-Gabriel Buzitu

