Économie|Mines en RDC : Glencore envisage la cession de sa participation majoritaire dans Kamoto Copper Company

Le géant minier et négociant anglo-suisse Glencore étudierait la possibilité de céder sa participation majoritaire dans Kamoto Copper Company (KCC), l’un des plus importants complexes cuprifères et cobaltifères de la République démocratique du Congo (RDC). L’information est rapportée par Bloomberg, citant des sources proches du dossier.

Cette initiative intervient dans un contexte de fortes tensions sur le marché du cobalt, dont Glencore est le deuxième producteur mondial. En septembre dernier, le groupe avait averti qu’une part significative de sa production risquait de rester invendue d’ici la fin de l’année, conséquence directe de la suspension des exportations de cobalt décidée par les autorités congolaises.

Selon les mêmes sources, Glencore aurait fait savoir, de manière informelle, sa disposition à céder ses parts dans KCC. Plusieurs repreneurs potentiels se seraient déjà manifestés, parmi lesquels le fonds d’investissement spécialisé Orion Resource Partners ainsi que le géant minier Rio Tinto.

La U.S. International Development Finance Corporation (DFC) pourrait également se positionner, via un partenariat avec Orion Resource Partners.

Contactés, Glencore et Orion Resource Partners n’ont pas souhaité commenter ces informations. Rio Tinto et la DFC n’ont, pour leur part, pas donné suite aux sollicitations.

Kamoto Copper Company exploite les mines à ciel ouvert KOV et Mashamba Est, ainsi que la mine souterraine de Kamoto, dans la province du Lualaba. Le complexe produit du cuivre cathodique et de l’hydroxyde de cobalt, deux minerais stratégiques essentiels à la transition énergétique mondiale.

À ce jour, Glencore détient 75 % du capital de KCC, tandis que Gécamines, la société minière publique congolaise, en possède 25 %. La RDC assure plus de 70 % de la production mondiale de cobalt, bien qu’une partie importante provienne de l’exploitation artisanale, souvent peu régulée.

Depuis février, le gouvernement congolais a suspendu les exportations de cobalt, invoquant l’effondrement des prix internationaux, tombés à leur plus bas niveau depuis neuf ans. Le ministère des Mines envisagerait de prolonger cette interdiction au-delà du 21 septembre, date initialement prévue pour sa levée.

Une telle décision pourrait avoir des répercussions majeures sur le marché mondial du cobalt, tout en influençant durablement les stratégies des principaux acteurs du secteur, à commencer par Glencore.

Par Djorres Tshivuadi

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