Briefing : La RDC précise le cadre et les enjeux d’un accord historique sur la paix et les ressources avec le Rwanda

À la veille d’une signature diplomatique majeure entre les présidents Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo et Paul Kagame du Rwanda, une conférence de presse conjointe a été animée par le Ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, et par Madame Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État congolais. L’objectif principal était d’expliciter l’agenda et la portée des engagements de la RDC dans le cadre de ce processus.

Madame Tina Salama, en prenant la parole, a détaillé l’ambition fondamentale de cet accord historique. Son but est de rompre définitivement le cycle de violence qui ensanglante l’Est du pays. Il s’agit également de permettre à l’État congolais de restaurer sa souveraineté pleine et entière sur l’ensemble de ses ressources naturelles, identifiées comme la cause racinaire des conflits. Enfin, cet accord vise à poser les bases d’une transformation de ces richesses en leviers de développement national, à travers la création d’emplois et la construction d’infrastructures, pour assurer la prospérité des populations.

Face aux nombreuses spéculations ayant circulé, la porte-parole du Président Tshisekedi a tenu à apporter des clarifications fermes et nécessaires, distinguant avec netteté la réalité des engagements des fausses interprétations.

Tina Salama, porte-parole du président Félix Tshisekedi

Ce que ces accords ne sont pas :

· Il ne s’agit PAS d’une vente des minerais congolais aux Américains. « La souveraineté de la RDC sur ses ressources naturelles reste entièrement congolais. »
· Ce n’est pas un marchandage de la paix contre les minerais.
· Ce n’est pas l’instauration d’un protectorat déguisé.
· Ce n’est pas un partage du territoire ou de nos parcs nationaux. « Les Virunga, par exemple, restent pleinement congolais, sans condition ni exception. »

Ce que ces accords sont :

· La sécurisation des minerais, un mécanisme conçu pour priver la guerre de son financement et jeter les fondements d’une paix durable.
· La mise en place de mécanismes conjoints, équilibrés et strictement encadrés par le droit, afin de garantir la protection des intérêts suprêmes de la nation.

Ministre de la Communication Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement

Le ministre Patrick Muyaya a, pour sa part, recentré le débat sur la nature de la cérémonie à venir. « Le Président de la République vient entériner l’accord signé en Juin dernier et non signer un autre accord. Pour la RDC, pour le président Félix Tshisekedi, la paix en RDC passe par le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et l’arrêt de tout soutien de Kigali à ses alliés de l’AFC/M23. Nous pensons aujourd’hui que cette position de la RDC est bien comprise par les autorités américaines qui nous ont permis d’aboutir à cet accord. »

Interrogé sur la singularité de l’acte qui sera posé à Washington ce jeudi, le porte-parole du gouvernement a souligné plusieurs éléments marquants :

· « C’est un accord signé autour de la première puissance mondiale. »
· « Le niveau d’engagement du gouvernement américain est exceptionnel. Jamais vu depuis le début de ce processus. »
· « Vous avez vu que ma collègue des Affaires étrangères a été reçue à la Maison Blanche le jour de la signature de cet accord. »
· « Vous avez vu que le Président américain a prié pour ce dossier. C’est la preuve que le Président américain porte dans son cœur cette affaire et ça, c’est un élément nouveau. »

Cette conférence a ainsi réaffirmé avec force la détermination de la République Démocratique du Congo à œuvrer pour une paix stable et la sécurité de son territoire, dans le strict respect de son intégrité et de sa souveraineté inaliénable sur toutes ses ressources.

Par Horus-Gabriel Buzitu

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