RDC| Dialogue intergénérationnel à Kinshasa : Le ministre Muyaya explique les processus de paix et appelle la jeunesse à l’engagement citoyen

Dans le cadre d’une démarche de dialogue et de redevabilité, le ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part ce mardi au premier échange intergénérationnel 2026 organisé par l’ASBL Dialogue Intergénérationnel au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Face à une jeunesse attentive, il a décrypté les enjeux des processus de paix de Doha et de Washington, tout en lançant un appel solennel à l’engagement citoyen.

L’événement, qui a vu la participation notable du Vice-premier Ministre, ministre de l’Économie Nationale, Daniel Mukoko Samba, ainsi que d’experts et de leaders de la société civile, avait pour ambition de créer un pont entre les décideurs politiques et la nouvelle génération. Le ministre Muyaya est intervenu lors du deuxième panel sur le thème : « Processus de Doha et de Washington : vers une paix durable ? Analyse des rapports de force et des acteurs clés ».

Dans un exposé précis, le Porte-parole du Gouvernement a retracé l’origine de la crise sécuritaire qui mine l’Est de la République démocratique du Congo depuis près de trente ans. « Depuis le génocide rwandais de 1994, nous sommes entrés dans un cycle de violences dont, trente ans plus tard, nous ne sommes malheureusement pas encore sortis », a-t-il déclaré, pointant du doigt la responsabilité du régime rwandais. Il a toutefois nuancé : « Nous n’avons pas de problème avec le peuple rwandais. Notre différend est avec le régime rwandais, porté par le président Kagame. »

Patrick Muyaya a ensuite rappelé la stratégie diplomatique du président Félix Tshisekedi, axée sur la coopération régionale et la transparence, avant d’expliquer comment les impasses avaient conduit à l’implication de médiateurs internationaux. « C’est dans ce contexte que, le 18 mars, le Président de la République s’est retrouvé face à son homologue rwandais, sous l’égide de l’Émir du Qatar », a-t-il indiqué, évoquant le rôle clé du Qatar et des États-Unis.

Washington et Doha : des lignes rouges préservées et une transparence revendiquée

Le ministre s’est voulu rassurant sur le contenu des accords en cours. « Dans l’accord de paix, nos lignes rouges ont été respectées. Aucun centimètre carré de notre territoire ne sera cédé », a-t-il martelé, soulignant que la sécurité reste le préalable à toute intégration économique durable. Concernant le processus de Doha, il a précisé qu’une déclaration de principes a été signée et que huit problématiques, dont le cessez-le-feu, sont à l’agenda. « Ces textes sont publics. Aucun accord signé dans le cadre de Doha ou de Washington n’est secret », a-t-il assuré, répondant aux inquiétudes sur d’éventuels arrangements occultes.

Il a par ailleurs fermement dénoncé le soutien rwandais aux groupes armés. « Le FDLR comme le M23 n’existent que par la volonté du Rwanda, et leurs avancées ne sont possibles que parce que certains Congolais trahissent leur pays », a-t-il affirmé, rejetant au passage toute accusation de discours de haine généralisé en RDC.

Au-delà de l’analyse géopolitique, le cœur du message du ministre s’adressait directement à la jeunesse congolaise, représentée par Claude Mbuyi, Président du Conseil national de la jeunesse. « Cette guerre d’agression n’est pas faite contre le Président de la République, mais contre tous les Congolais », a-t-il insisté, exhortant les jeunes à s’impliquer activement aux côtés des institutions pour en faire un « levier de paix durable ».

Il les a également invités à la patience et à la confiance dans les processus institutionnels. « On ne fait jamais carrière dans la jeunesse. Les responsabilités s’assument dans le temps, à travers des institutions organisées (…) C’est pour cela que nous faisons des élections. » Pour conclure, Patrick Muyaya a rappelé le coût humain exorbitant du conflit et la promesse d’un avenir meilleur. « Les soldats qui tombent au front sont vos frères, vos cousins (…). Les ressources mobilisées pour la guerre pourraient, une fois la paix rétablie, être consacrées au bien-être, à la santé et à l’éducation. »

Les organisateurs ont salué la présence des deux ministres du gouvernement Suminwa 2, qui ont consacré plus de trois heures à des échanges francs avec les jeunes, marquant ainsi une volonté affichée de dialogue et de transmission.

Par Horus-Gabriel Buzitu

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