Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a exprimé une vive déception à l’égard de l’Union Sacrée, la coalition au pouvoir, lors d’une allocution marquante ce jeudi. Face à la recrudescence des attaques du groupe rebelle M23 dans la province du Nord-Kivu, le chef de l’État a fustigé l’inaction de la majorité des membres de son gouvernement, tout en saluant l’engagement de quelques figures clés.

« Je ne peux cacher ma déception face au silence de nombreux membres de notre coalition. Alors que le pays est menacé, seule une poignée de patriotes a relevé le défi », a déclaré Tshisekedi
Le président a cité nommément les membres du gouvernement ayant répondu à l’urgence sécuritaire : Jean-Pierre Bemba, et Guy Loando ont soutenu les forces armées.
L’Union Sacrée, alliance formée en 2023 pour rassembler les forces politiques autour de Tshisekedi, traverse une crise interne. Le président a dénoncé un « déficit de leadership collectif », pointant du doigt les ministres et parlementaires restés muets face à l’urgence.
En l’absence d’une mobilisation gouvernementale unie, Tshisekedi a lancé un appel direct à la population, exhortant la jeunesse à « rejoindre massivement les rangs de l’armée ». « C’est le moment de défendre notre terre, notre honneur et notre avenir », a-t-il insisté, promettant un « renforcement des conditions matérielles et morales » des recrues.
La sortie du président place la coalition devant un dilemme : se ressaisir ou risquer une implosion. Entre divisions politiques, pression sécuritaire et mobilisation citoyenne, la RDC semble à la croisée des chemins. Comme le résume un analyste de Kinshasa : « La patrie en danger exige plus que des mots. Elle exige des actes, et vite. »

